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Effet des champignons mycorhiziens Arbusculaires sur le phosphore des sols tropicaux et implication dans la biosynthèse du caroténoïde du manioc

Objectifs : Evaluer du point de vue agronomique les avantages attribués aux champignons mycorhiziens arbusculaires (CMA) par rapport aux sols des zones des forêts humides et vérifier le rôle que le phosphore mobilisé par ces champignons jouerait dans la biosynthèse du caroténoïde. Méthodologie et résultats : Deux variétés de manioc étaient soumises aux inoculations apportées seules ou combinées aux autres fertilisants. Les analyses de sol effectuées en amont et en aval du manioc ont permis de constater des changements significatifs en ce qui concerne l’acidité mesurée à 4,6 de pH avant le manioc et 6,3 après inoculation des CMA. Des changements sont également observés sur la structure du sol où on a observé des modifications partant de la structure particulaire au départ à une structure grumeleuse après application de fumier combiné aux inoculations des CMA. Ces inoculations ont fait augmenter la teneur du phosphore dans le sol à 7,5 %, l’azote à 4 % et le carbone à 13%. Le rendement
du manioc a donné des moyennes de 55 t ha-1 de racines sous inoculation contre 21 t ha-1 de racines lorsque le sol n’était pas traité. On a noté des modifications significatives du caroténoïde total dans la racine de manioc lorsque le sol était inoculé et était plus pourvu en phosphore.
Conclusions et champs d’application des résultats : les champignons mycorhiziens sont présents dans les sols tropicaux des forêts humides et peuvent être multipliés sous le sorgho. Lorsqu’ils sont inoculés en champ de manioc, ils permettent à la fois des accroissements de rendement du manioc, la disponibilisation du phosphore autrefois complexé par les cations acides du sol et l’accélération de la biosynthèse du caroténoïde total du manioc jaune. La possibilité de réaliser des multiplications en cascade de ces champignons et leur conditionnement sur des substrats stériles permettra de fabriquer des inocula locaux qui pourront être utilisés comme fertilisant biologique en lieu et place des fertilisants minéraux conventionnels.

Objectives: To evaluate agronomically the advantages attributed to Arbuscular Mycorrhizal Fungi (AMF) compared to soils in humid forest zones and verify the role that phosphorus mobilized by these fungi would play in the biosynthesis of carotenoid of yellow cassava.
Methodology and results: Two varieties of cassava were inoculated alone or in combination with other fertilizers. Soil tests carried out before cassava cultivation and after harvest showed significant changes in acidity measured at 4.6 pH before cassava and 6.3 after inoculation with AMF. Changes were also observed in soil grain size with 71% sand initially and 65.5% after application of manure combined with inoculations (LSD.05 = 2.7%). These inoculations increased the soil phosphorus content to 7.5%, nitrogen
to 4% and carbon to 13%. Cassava yield averaged 55 t ha-1 under inoculation versus 21 t ha-1 when the soil was untreated. Significant changes in total carotenoid in the cassava root were noted when the soil was inoculated and had a higher phosphorus content.
Conclusions and application findings: Mycorrhizal fungi are present in tropical soils of moist forests and can be propagated under sorghum. When inoculated in the cassava field, they allow both increases in cassava yield, the availability of phosphorus once complexed by acidic soil cations and the acceleration of the total carotenoid biosynthesis of yellow cassava. The possibility of performing cascade multiplications of these fungi and their conditioning on sterile substrates will make local inocula that can be used as biological fertilizer instead of conventional mineral fertilizers.